An’tchi: des textiles vraiment éthiques! Le dimanche 16 juin de 13H à 16H au Chant des Cailles

An’tchi propose une alternative à la confection des textiles industriels et ses dégâts néfastes, tout en valorisant des pratiques artisanales séculaires.

Vous trouverez chez An’tchi des vêtements et des accessoires en chanvre principalement, colorés à partir de teintures végétales.

Chaque pièce est unique.

Quelques mots d’Anne Weis:

Nous ne pouvons plus ignorer le prix de notre surconsommation de textiles, autant pour son impact sur l’être humain qui le confectionne que sur l’environnement, afin que nous puissions acheter, toujours à des prix plus bas, des tonnes de vêtements. Le textile entraîne aujourd’hui une des pires pollution. Entre les pesticides utilisés lors de sa culture et la quantité d’eau nécessaire pour que pousse le coton, ou celle des produits nocifs utilisés pour fabriquer des fibres synthétiques, ou le nombre de kilomètres incalculables effectué par le moindre vêtement pour faire pousser ses fibres ou les fabriquer, pour les teindre et pour confectionner les vêtements …toute une série alarmante de coûts sur la société, l’homme et la nature qui ne sont pas pris en compte dans le bas prix de ces vêtements issu de la fast fashion justement…

Aujourd’hui, en Europe, ne pas rejeter de produits polluants dans l’eau est une règle imposée par le programme REACH et mon travail y répond depuis le départ.

Je propose des teintures végétales sur textiles naturels et en particulier le textile de chanvre. Aussi en mélange, chanvre laine ou chanvre et soie, chanvre et coton. Ou sur des vêtements en coton de récupération. J’en fais des vêtements et des accessoires, mais aussi des coupons de tissus (2 à 3m en 150cm) ou des teintures murales, que des pièces uniques.

L’utilisation du chanvre est privilégiée, de qualité pure ou en mélange, avec du coton bio, de la laine, ou de la laine de yack. La culture du chanvre ne nécessite ni engrais, ni herbicides, contrairement à celle du coton, qui consomme un quart des insecticides utilisés sur la planète pour seulement 2,5% de la surface agricole mondiale. Mieux, le chanvre régénère la terre dans laquelle il pousse et n’a pas d’extraordinaires besoins en eau en raison de la longueur de ses racines.  Une fois transformée en textile, cette fibre plus résistante à l’usure est aussi thermorégulatrice et antiallergique… les lavages la rendent plus souple et douce.

On peut produire trois fois plus de fibres de chanvre que de coton sur la même surface. Autrefois cultivée partout, cette plante est bien connue pour ses multiples vertus pour les textiles, l’élevage, la papeterie, les cosmétiques, la construction, l’apport en protéines de ses graines…Le chanvre a été relégué aux oubliettes par les groupes de pression anti-chanvre lancés par les magnats de l’industrie papetière et après la création de la machine à égrener le coton. En 1937, le Marihuana Tax Act rend la culture du chanvre économiquement impossible dans toute une partie du monde, participe à la déforestation massive du Canada et des États-Unis pour le papier et soutient le développement du coton et des produits chimiques nécessaires à sa production par les mêmes industries…A l’heure actuelle, des nouvelles variétés dépourvues de molécules psychotropes (le THC) sont développées et la culture du chanvre est à nouveau autorisée en Europe.

Ainsi, le renouveau du chanvre autorise les recherches et la production ; les nouvelles approches qu’on en fait résultent de perspectives environnementales et alimentaires indéniables et sont par conséquent à soutenir absolument et même plus que jamais.

Les teintures végétales permettent d’éviter la toxicité résultant de l’utilisation de produits chimiques lors des processus de coloration et de fixation ainsi que d’échapper aux allergies provoquées par les substances chimiques. L’utilisation de certaines essences de plantes en teinture pourrait même avoir un effet curatif sur certaines pathologies.

Mes couleurs sont extraites de végétaux pour la plupart indigènes, les plantes tinctoriales étrangères, quant à elles, sont achetées dans le cadre de projets éthiques. Les procédés de mordançages qui préparent la fibre aux teintures sont limités et répondent réellement aux contraintes environnementales (REACH).

Les techniques d’impressions utilisées à l’atelier sont issues du patrimoine culturel et artistique de tous les continents. Je pérennise ainsi des trésors de techniques qui disparaissent peu à peu, comme:

– le shibori : tie and dye japonais qui consiste à tordre, coudre, nouer, pincer ou plier le tissus pour y faire des réserves avant la teinture. A défaire après la teinture..  Certaines de ces techniques demandent des jours de travail.

– le katazome, ancètre japonais de la sérigraphie : consiste à découper le motif au cuter suivant un dessin pré établi retranscrit sur une radio médicale. A son origine, ces calques étaient découpés dans du papier de murier mais son coût est particulièrement élevé. J’ai recours à des radios vétérinaires, difficilement recyclable et lavables. Ce calque découpé servira à imprimer une pâte de réserve avant la teinture.

– les imprimés aux tampons de bois, pratique indienne d’impression sur tissus : certains ont été achetés en Inde, d’autres récupérés, d’autres dessinés et découpés à la demande par une sculpteuse. Ces tampons permettent d’imprimer différentes pates à mordants qui, une fois le tissu passé dans la teinture, révèleront des imprimés colorés.

– le bogolan, originaire d’afrique quant à lui, est un travail au baton (ou au pinceau) qui consiste à dessiner un motif pré établi à main levée avec une solution à base de fer épaissie sur un textile préalablement enduit de tanin