Evolution du projet de maraîchage

Nous avons commencé le projet par 2 années de maturation en 2012 et 2013. La terre étant restée quelques années en jachère, nous avons cultivé des pommes de terre, pour travailler le sol de façon naturelle ainsi que des courges. D’emblée de nombreux habitants du quartier nous ont prêté main forte et nous ont signifié leur intérêt pour consommer notre production.  En parallèle, nous avons pris le temps de réfléchir aux différentes facettes du maraîchage (degré de mécanisation, modes de commercialisation, organisation d’équipe,…)

Le trio en 2014: Caroline, David et Maarten
Essai de travail du sol au tracteur

Fin 2013,  Caroline, David et Maarten, le trio de base a besoin de s’agrandir.  Pauline, Ann et Martin les rejoignent. Au sein de la nouvelle équipe, chacun apporte ses compétences dans les différentes tâches de mise en place.

Les 6 maraichers en 2014 : Pauline, Ann, Caroline, Martin, David et Maarten
Avril 2014

Le maraîchage en auto-récolte a démarré en 2014. Nous avons produit quelque cinquante variétés de légumes de juin à novembre en vue de nourrir 50 membres.  Débordant d’enthousiasme, nous avons semés plus que prévu ce qui nous a permis de nourrir 90 membres. Le produit de la vente couvrait nos frais d’investissement et de fonctionnement à l’exception de notre travail. Nous étions donc bénévoles.

L’année suivante, nous avons augmenté la production pour servir 200 membres de mai à décembre ce qui nous a permis de créer trois emplois mi-temps, partiellement rémunérés. Ann, Caroline et Martin sont devenus les 3 maraîchers permanents. David, Maarten et Pauline ont continué à soutenir bénévolement le projet sur les plans administratif et organisationnel. 

Extension de la partie cultivable

En pratiquant l’agriculture bio-intensive, nous avons continué à augmenter le nombre de membres dans l’idée de pouvoir créer des emplois permanents et stables.  Nous avons installé des serres supplémentaires pour maintenir une production variée de légumes en hiver. Les membres pouvaient ainsi récolter durant les 12 mois de l’année.  Nous avons également ajouté une deuxième serre pépinière.

Bien sûr, la surface cultivable n’est pas extensible à l’infini. Faute de terrain disponible à proximité du Chant des Cailles, nous avons opté pour étendre nos cultures sur une surface de 1,5 ha. à Overijse.  Depuis 2017, nous y cultivons les courges et depuis 2019, des pommes de terre, des oignons, une partie des choux et des poireaux . Ces légumes alimentent en partie le panier des abonnés. L’autre partie est vendue de façon ponctuelle lors des marchés organisés sur le Chant des Cailles les dimanches après-midi.

Le terrain d’Overijse avant notre arrivée.
Cultures en 2019

En 2016, nous avons démarré l’offre de fleurs à couper.  Les fleurs apportent une belle diversité dans nos cultures et attirent énormément de personnes du quartier et, parfois, de bien plus loin.

Fête de la Tulipe 2018

Pour gérer l’accroissement de travail, nos 3 emplois mi-temps de 2015 ont progressivement évolué vers 3 quasi temps-plein en 2019 et des maraîchers saisonniers rejoignent l’équipe durant la haute saison. De plus, nous avons développé l’accueil de stagiaires et de bénévoles.
Nous sommes heureux de contribuer, à notre échelle, au développement de l’agriculture urbaine et à l’augmentation de l’offre d’emploi liée à notre activité.

L’équipe en 2019: Justine, Clara, Sylvain, Ann, Martin et Caro (Photo: Imagine)

Depuis décembre 2016 La Coopérative du chant des Cailles SCRL-FS regroupe les porteurs des pôles professionnels de la Ferme : bergers, maraîchers et herboristes.  Elle constitue un outil économique et juridique pour exercer notre activité tout en créant une unité de projet.

Depuis le début du projet, les porteurs des pôles professionnels sont rémunérés au prorata de leurs ventes.  Seuls 10% du chiffre d’affaire totale de la Coopérative provient de subsides ponctuels attribués à un projet spécifique. Ils sont donc autonomes de tout subside structurel. Au sein de la coopérative, les bénéfices des pôles sont mutualisés pour que chaque professionnel soit rémunéré à un tarif horaire identique malgré les écarts de rentabilité qui existent entre les pôles. 

Le terrain en 2013 (Photo: Google maps)
Le terrain en 1018 (Photo: Google maps)

La solidarité qui prévaut entre acteurs professionnels est également bien présente avec les porteurs non professionnels de la Ferme et avec nos membres abonnés.  Nous en avons fait l’expérience lors de l’incendie d’une de nos serres pépinières en début de saison 2019. Nous  avons reçu une marée de dons et de coups de main grâce auxquels le matériel et les semis ont été reconstitués en un temps record. Émotionnellement, le découragement a fait place à la gratitude et au sentiment d’être soutenus par une large communauté qui partage nos valeurs.

2019 en quelques chiffres : 

  • 3 maraîchers permanents, 3 saisonniers, 7 stagiaires, une dizaine de bénévoles et un chat.
  • 6.300 heures de travail rémunéré soit 3,7 équivalent temps plein.
  • 20% de travail administratif.
  • Rémunération des maraîchers permanents: 17 euro/h brut (cotisations sociales et précompte professionnel non déduits). 394 abonnés dont 124 enfants soit l’équivalent de 181 ménages de 2,2 personnes.
  • 12% des abonnés sont locataires de la  Société Coopérative de Logement Logis-Floréal.